Un auteur, Hubert ColasMarseille/ Jérusalem
Le travail photographique de Didier Ben Loulou sur la ville et ses frontières invisibles interroge l’écriture d’Hubert Colas qui se nourri de la vie des êtres au coeur des cités urbaines. La même tension, la même brutalité d’où surgit la vie mais aussi le chaos, les réunit.
En 1996, Diphtong Cie, www.diphtong-marseille.com accueillait Didier Ben Loulou en résidence. Il a mené une recherche photographique sur la ville de Marseille et les îles du Frioul faisant écho à la création d’Hubert Colas, La croix des oiseaux.
Cette résidence a donné lieu à une exposition photographique Paysages d’Orphée présentée à Marseille à la tour du Roy René et à la Chartreuse de Villeneuve-lez- Avignon.
La collaboration s’est poursuivie à travers la revue Carnet de voyage, qui favorise l’échange entre littérature et la photographie.
Je suis du jour...et nous avons perdu nos têtes Séparées de nous - nos têtes. Il m’a dit “du voyage, si je reviens le visage rasé..., du voyage...” Il se sera passé quelque chose en lui en nous Et pas de mots ne peuvent sortir de nos bouches cachées Il dit simplement cela et passa devant moi
Collé au mur Tête rasée et notre malheur est bon Rien d’autre dans les yeux que le malheur est bon Et il s’est envolé Plus un mot plus un bruit Moi aussi j’aurais voulu partir
Je suis du jour je suis de la lumière je suis la brûlure des yeux je suis de mettre le feu au coeur je suis ici, en ce sol, aller vivre le soleil je suis du jour et il exista la nuit
D’autres lèvres ainsi, comme les nôtres, se croisèrent et crurent aussi aux plaisirs aux joies incertaines J’ai plaidé ma vie à être là J’ai de l’amour encore pour cette terre et cela prend du temps
“Je suis déjà mort J’ai seulement oublié de fermer les yeux” Je crois que pour dire cela il pleurait mais surtout ne pas le dire - le savoir - mais ne pas le dire Je ne veux pas le savoir car je sais et nos pierres sont lourdes en cela et nos yeux sont lourds en cela